Ces derniers mois, de plus en plus de personnes prennent conscience d’un enjeu majeur sur les réseaux sociaux : la désinformation.
Et le problème, c’est que ce n’est plus seulement grossier ou facile à repérer. C’est devenu subtil, émotionnel, parfois presque crédible.
Il y a encore peu de temps, les médias jouaient déjà avec les mots et nos émotions pour capter notre attention. Des titres volontairement anxiogènes, des formulations ambiguës, des annonces pensées pour faire cliquer.
La semaine dernière, j’ai vu passer pour la cinquième fois en trois ans l’annonce du décès de Michael Schumacher. Cinq fois.
Pour certains, ça peut prêter à sourire. Pour d’autres, surtout ceux qui consomment l’information en diagonale, ça peut être pris pour vrai. Et derrière ces “jeux”, combien d’artistes ont dû rassurer leurs proches en urgence ?
Aujourd’hui, tout s’accélère.
Nous avons désormais accès à l’intelligence artificielle, souvent perçue — à tort — comme une source fiable. Or, elle ne l’est pas toujours. Demandez-lui combien pèse un œuf de rat et vous pourriez être surpris du sérieux… avec lequel elle vous répondra.
Il y a quinze jours encore, une cliente m’explique que ChatGPT lui a affirmé qu’elle devait repasser en compte personnel sur Instagram pour pouvoir faire des lives. Ça m’a immédiatement interpellée. La suppression des lives avait fait polémique, mais elle concernait uniquement certains petits comptes, pas un type de profil précis. Je lui ai conseillé de demander ses sources.
Résultat : l’IA s’est rétractée. Elle s’était trompée.
Nous pouvons aujourd’hui être trompés par l’information écrite, visuelle, sonore.
Qui n’a pas vu passer ce prétendu squelette de dragon retrouvé aux États-Unis ? Ou cette vidéo d’un chat faisant fuir une maman grizzly ?
C’est spectaculaire, c’est impressionnant… et c’est faux.
Plus que jamais, une qualité va devenir essentielle à mesure que nous passons du temps sur les réseaux : le scepticisme.
Un scepticisme sain. Celui qui questionne, qui doute, qui vérifie.
C’est d’ailleurs une compétence qu’il devient urgent de développer chez nos enfants. Ce n’est pas un hasard si la France réfléchit aujourd’hui à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Et nous, adultes, avons aussi notre part de responsabilité.
Vérifier ses sources. Se référer à de vrais spécialistes, reconnus pour leur professionnalisme. Construire un réseau de personnes de confiance. Et surtout, éviter de repartager ou commenter une information dont on n’est pas sûr à 100 %. Parce que tout va très vite. Beaucoup trop vite.
Je forme aux réseaux sociaux et à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Mais mon rôle, selon moi, n’a jamais été de vendre du rêve. Il est aussi — et surtout — de parler des limites, des failles, des dérives possibles.
Ceux qui manipulent l’information ne le font jamais par hasard. Et aujourd’hui, ils disposent d’outils extrêmement convaincants.
Alors restons curieux, oui.
Mais restons lucides.
Et surtout, n’oublions jamais de nous fier aussi à notre intuition… tout en gardant un esprit critique bien affûté.


