On entend partout : « Sois authentique. » « Montre qui tu es vraiment. » « Les gens achètent l’humain avant le produit.«
Oui… mais dans les faits, beaucoup de mes clients me disent : « Je veux être authentique… mais je ne sais pas vraiment comment. » Et surtout: « Je ne sais pas ce qui me différencie. »
Et tu sais quoi ? C’est normal. Parce que l’authenticité n’est pas un exercice de communication. C’est un exercice d’introspection.
1. Tout le monde se croit authentique… mais personne ne sait vraiment ce qu’il est
Quand je demande en séance :
« Qu’est-ce qui te différencie ? »
On me répond quasi systématiquement :
- je suis bienveillant-e
- je suis à l’écoute
- je suis pro
- je suis dynamique
- je suis passionné e
Oui… comme tout le monde. Ce sont devenus des mots-valises, des postures standards, pas des identités.
🐝ABY: « Si tout le monde dit la même chose, personne ne dit plus rien. »
Être authentique, ce n’est pas aligner des qualités « propres ». L’authenticité se cache dans ce que tu es… pas dans ce que tu crois devoir montrer.
2. Ce qui nous différencie, ce n’est pas une qualité.
Parfois, c’est… un « défaut ».
On pense que pour se démarquer il faut être meilleur que les autres. Pas vrai.
Imagine :
- Un coach sportif ultra challengeant, énergique, qui te pousse dans tes retranchements.
- Et un coach sportif calme, posé, très connecté à ton état physique et émotionnel.
Lequel est « mieux » ? Aucun. Ils sont juste différents. Et cette différence – qui sera vue comme une qualité par les uns, un défaut par d’autres – est justement leur force.
Ton authenticité, ce n’est pas : « Je suis dynamique. » C’est : « Je suis spontanée, parfois cash, souvent drôle, pas toujours très conventionnel•le — et ceux que ça dérange ne sont de toute façon pas mes clients. »
3. L’authenticité commence avec :
👉Tes valeurs
👉Tes anti-valeurs
(Et oui, les deux comptent.)
Les valeurs, tout le monde connaît. Mais les anti-valeurs? Ce sont les choses que tu ne cautionnes PAS. Les comportements, méthodes ou postures qui ne te correspondent pas mais qui correspondent à d’autres.
Elles sont un indicateur puissant. Car on ne se définit pas seulement par ce qu’on aime, mais aussi par ce qu’on refuse de faire par rapport aux autres.
4. Le problème : on se découvre en avançant
Quand on crée son entreprise, on découvre aussi son rôle :
- comment on réagit avec un client difficile
- comment on pose un cadre
- ce qu’on accepte
- ce qu’on n’acceptera plus
- ce qui nous met en joie
- ce qui nous éteint
Ce positionnement ne se cristallise pas le jour 1. Il émerge après avoir fait, refait, raté, recommencé.
Et ce n’est souvent qu’après la phase de croissance – quand on se stabilise – que les vraies valeurs de l’entreprise ressortent.
5. Avant d’être authentique en ligne, il faut savoir qui on est hors ligne
L’alignement entre « ce que je suis » et « ce que je montre » n’est pas automatique. Parfois, on croit diffuser une image… et on en renvoie une autre. Parfois, on joue un rôle tellement intégré qu’on ne s’en rend même plus compte.
Et c’est ce manque d’alignement qui sabote la communication.
6. « Il faut être clivant. »
Non. Quand on est authentique, on est naturellement clivant.
Pas parce qu’on veut provoquer. Mais parce qu’on assume ce qui nous anime, ce en quoi on croit, ce qu’on défend.
L’authenticité ne se force pas. Elle se dévoile.
7. Mon exemple personnel (et mon petit masque invisible)
Pendant longtemps, sur les réseaux, je me bridais. Je restais très « pro », très lisse, très policée.
Alors qu’en présentiel… Ceux que je formais savaient très bien que je pouvais être cash, directe, avec des opinions tranchées.
Mais en ligne, j’avais peur :
- peur que l’autre ne comprenne pas mon intention
- peur d’être trop
- peur de déranger
- peur de ne pas maîtriser la réaction
- peur du malentendu
En voulant être irréprochable, je portais un micro-masque. Rien d’évident. Mais suffisant pour que quelque chose sonne… moins vivant, moins incarné.
Et un jour je me suis rendu compte : Je n’étais pas moins professionnelle en étant moi-même. J’étais juste plus honnête.
Conclusion
Être authentique, ce n’est pas :
- se montrer vulnérable à tout prix,
- être clivant volontairement,
- copier une « tendance authenticité ».
Être authentique, c’est :
- se connaître,
- accepter sa personnalité,
- incarner ses valeurs,
- assumer ses limites,
- et laisser le reste s’exprimer… naturellement.
🐝ABY: « Être soi, c’est le meilleur branding. Et en plus, ça ne demande aucun filtre. »


